X-MEN: DARK PHOENIX

L'Empire du Mal au féminin

Sophie Turner est Jean Grey, alias Phoenix, dont les pouvoirs deviennent illimités et incontrôlables –même par elle (©20th Century Fox/Marvel).
Sophie Turner est Jean Grey, alias Phoenix, dont les pouvoirs deviennent illimités et incontrôlables –même par elle (©20th Century Fox/Marvel).

Chaque super-héros a sa face sombre. Et quand c'est une femme qui réunit à elle seule tout l'Empire du Mal, ça déménage: c'est le scénario de X-Men: Dark Phoenix, le très attendu 12e film de la série.

Le film se focalise sur l'une des super-héroïnes des X-Men, tirés des BD Marvel: Jean Grey (Sophie Turner), alias Phoenix, aux capacités de télépathie et de télékinésie. Le film commence en 1975 lorsqu'elle a 8 ans et qu'elle perd ses parents dans un accident de voiture provoqué malencontreusement par son don surnaturel. Orpheline, elle est accueillie par Charles Xavier (James McAvoy), autre télépathe puissant, dans son manoir pour mutants surdoués.

Dix-sept ans plus tard, en 1992, les astronautes de la navette spatiale ont un problème dans l'espace et le président américain décroche son téléphone pour appeler Charles Xavier à la rescousse: seuls les X-Men, désormais reconnus et acceptés par l'opinion publique, peuvent sauver l'équipage.

Une équipe est donc envoyée en urgence à bord du X-Jet, dirigée par Raven/Mystique (Jennifer Lawrence) malgré ses réticences, qu'accompagnent Hank/Fauve (Nicholas Hoult), Cyclope, Tornade, Vif-Argent, Diablo et Jean Grey. La mission réussit mais Jean Grey n'en revient pas indemne: elle a été percutée par une force cosmique qui a fait d'elle l'une des mutantes les plus puissantes de l'univers, et désormais elle ne parvient plus à se contrôler.

Schizophrène et atteinte d'un dédoublement de personnalité, elle ne va pas tarder à quitter les X-Men et à se retourner contre eux, surtout après avoir appris que Charles Xavier lui a menti. "Quand je perds le contrôle, il arrive malheur. Et ça fait du bien", dit-elle dans ses instants de folie furieuse –où rien ni personne ne peut l'arrêter. Les X-Men se lancent à sa recherche pour la ramener à la raison. Mais elle est poursuivie également par une mystérieuse, inquiétante et glaciale extra-terrestre blonde (Jessica Chastain), qui prend forme humaine pour l'attirer vers le Mal absolu…

"Qui sommes-nous? Sommes-nous seulement ce que d’autres nous imposent d’être? Sommes-nous voués à connaître un destin qui nous échappe? Ou pouvons-nous évoluer et devenir une autre espèce?": ce sont les questions traditionnelles que se posent les mutants X-Men, et ici surtout Jean Grey. Mais pas besoin d'avoir vu les précédents films de la série entamée en 2000, et notamment le dernier, X-Men: Apocalypse, sorti en 2016, pour comprendre et apprécier ce nouvel épisode.

Car ici l'histoire est plus réaliste, plus simple, plus linéaire, moins dispersée. "Ce film tranche radicalement avec les opus précédents car l’oeuvre dont il s’inspire est complètement différente des autres BD de X-Men à partir desquelles on a travaillé par le passé. Ici, la psychologie des personnages est bien plus complexe et les émotions plus nuancées –bien plus à vif que dans beaucoup d’autres comics des X-Men", explique Simon Kinberg, dont c'est le premier film comme réalisateur mais qui avait été producteur et scénariste de plusieurs X-MEN ces dernières années –on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Il était temps qu'une femme soit l'intérêt central d'un film X-Men (ce sont souvent elles qui font le job, "on devrait parler des X-Women", fait remarquer Mystique à un moment), et pour cela le réalisateur a choisi ce personnage de Jean Grey/Phoenix, apparu dans les années 80 dans les BD Marvel (une quinzaine d'années après les premiers X-Men). Jadis interprétée à l'écran par Famke Janssen dans la trilogie originale du début des années 2000, Jean Grey est incarnée ici par la sculpturale actrice britannique Sophie Turner, 23 ans, rendue célèbre par le rôle de Sansa Stark dans la série télévisée Game of Thrones et qui fait ici trembler tous les mutants de la galaxie, après avoir fait une discrète apparition dans le film précédent.

Le film a son lot de cascades, de scènes d'action et d'effets spéciaux impeccables, sans en rajouter, avec une bataille finale qui vaut son pesant de trucages numériques. Mais c'est le côté psychologique de l'histoire et les relations parfois houleuses entre les personnages qui sont la marque de ce 12e X-Men, notamment la remise en cause –par Raven et Hank, les deux anciens– du rôle, des décisions, de l'autorité de Charles Xavier. C'est une volonté du réalisateur, pas tendre avec le chef des X-Men: "Il s’agit d’un type qui habite dans un manoir dont il ne sort jamais et qui envoie d’autres que lui –jeunes pour la plupart– accomplir des missions au péril de leur vie. Je voulais que cette facette de sa personnalité soulève des questions car cette attitude trahit un égo surdimensionné mais aussi une attitude très patriarcale et paternaliste". Et toc, dans ta face, Professeur X!

Et deux dernières réponses –sans spoiler– à deux questions que peuvent se poser les spectateurs avant d'aller voir le film: oui, Michael Fassbender est au générique et dans la bande-annonce et donc oui, son personnage de Erik Lehnsherr/Magneto apparaît à mi-film. Et faut-il voir défiler le générique de fin (long comme l'annuaire téléphonique de la Corrèze) pour attendre la traditionnelle scène teaser dont sont coutumiers les films de la série? Eh bien vous verrez… #NoSpoiler

Jean-Michel Comte

 

RAPPEL DES 12 FILMS SUR LES X-MEN ET LEURS SPIN-OFF DÉRIVÉS (dans l'ordre chronologique du scénario):

> X-Men: Le Commencement (2011, Matthew Vaughn)

> X-Men Origins: Wolverine (2009, Gavin Hood)

> X-Men (2000, Bryan Singer)

> X-Men-2 (2003, Bryan Singer)

> X-Men: L'Affrontement final (2006, Brett Ratner)

> Wolverine: Le Combat de l'immortel (2013, James Mangold)

> X-Men: Days of Future Past (2014, Bryan Singer)

> X-Men: Apocalypse (2016, Bryan Singer)

> X-Men: Dark Phoenix (2019, Simon Kinberg)

> Deadpool (2016, Tim Miller)

> Deadpool-2 (2018, David Leitch)

> Logan (2017, James Mangold)

 

LA PHRASE

"Sortez de ma tête!" (Jean Grey à Charles Xavier).

 

X-Men: Dark Phoenix

(États-Unis: 1h53)

Réalisation: Simon Kinberg

Avec Sophie Turner, James McAvoy, Michael Fassbender

(Sortie le 5 juin 2019)


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