LE FILM DE LA SEMAINE

PIRATES DES CARAÏBES: LA VENGEANCE DE SALAZAR

Gentil Johnny Depp, méchant Javier Bardem

Les bateaux et la bouteille: les deux passions de John Depp, alias Jack Sparrow (The Walt Disney Company).
Les bateaux et la bouteille: les deux passions de John Depp, alias Jack Sparrow (The Walt Disney Company).

Jack Sparrow, acte 5. Johnny Depp reprend le rôle du fantasque et insouciant capitaine flibustier dans une nouvelle aventure, PIRATES DES CARAÏBES: LA VENGEANCE DE SALAZAR, dans laquelle –comme c'est souvent le cas dans les films des studios Disney– le personnage le plus réussi est celui du méchant. Ici il s'appelle Salazar, c'est un mort-vivant et il est interprété par Javier Bardem, nouveau venu dans la saga.

Pour le capitaine Jack Sparrow, la chance a tourné et le vent de la mauvaise fortune souffle désormais dans ses voiles: le terrifiant capitaine Salazar et ses marins fantômes se sont échappés du Triangle des Bermudes pour exterminer tous les pirates qui écument les mers des Caraïbes. Jack n'a qu'une solution pour survivre et terrasser ces morts-vivants: retrouver le légendaire Trident de Poséidon. Pour cela il reprend la mer avec son équipage sur un rafiot minable, le Dying Gull, aidé de deux jeunes gens, un garçon et une fille.

Le premier est Henry Turner, un jeune marin têtu de la Marine royale, fils de William Turner (Orlando Bloom) et Elizabeth Swann (Keira Knightley), le couple apparu dans les trois premiers épisodes. Le jeune Henry veut lui aussi trouver le Trident de Poséidon, pour briser la malédiction qui maintient son père mort-vivant au fond de la mer dans l'épave du Hollandais Volant.

La jeune femme est Carina Smyth, une belle et brillante astronome au fort caractère, que les habitants de Saint-Martin aux Antilles prennent pour une sorcière mais qui veut faire reconnaître qu'elle est une scientifique capable, grâce aux étoiles, de trouver le chemin qui mènera au Trident de Poséidon.

Les voici tous les trois, avec l'équipage du Dying Gull, partis vers leur objectif. Avec devant eux des dangers qu'ils ne soupçonnent pas et comme ennemis non seulement Salazar mais aussi un autre pirate: le capitaine Barbossa, qui cache un secret…

Sorti en 2003, le premier PIRATES DES CARAÏBES: LA MALÉDICTION DU BLACK PEARL a inauguré une des franchises cinématographiques les plus célèbres et les plus rentables, avec 3,7 milliards de dollars récoltés au box-office pour quatre films. Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley et Geoffrey Rush (dans le rôle du capitaine Barbossa) étaient présents dans les trois premiers, réalisés par Gore Verbinski: LA MALÉDICTION DU BLACK PEARL en 2003, LE SECRET DU COFFRE MAUDIT en 2006, et JUSQU'AU BOUT DU MONDE en 2017. L'épisode-4, LA FONTAINE DE JOUVENCE en 2011, réalisé par Rob Marshall, apportait un peu de nouveau avec l'arrivée de Penélope Cruz, mais Johnny Depp et Geoffrey Rush étaient toujours de la partie.

Pour ce 5e épisode LA VENGEANCE DE SALAZAR, le producteur Jerry Bruckheimer et les studios Disney sont allés chercher un duo de réalisateurs norvégiens, Joachim Rønning et Espen Sandberg, quasi-inconnus malgré leur film KON-TIKI, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger 2013 et qui raconte l’histoire vraie du légendaire explorateur Thor Heyerdahl et son épique traversée du Pacifique.

Ils se tirent honnêtement de leur mission, avec un évident savoir-faire, les effets spéciaux faisant le reste. Johnny Depp continue de faire le pitre en Jack Sparrow, jamais sérieux, un peu lassant, toujours une bouteille de rhum à portée de main, et l'impeccable Geoffrey Rush continue de jouer les vrais-faux méchants Barbossa en apportant cette fois-ci un peu de mystère sur son personnage.

Et, entre combats navals et aventures mouvementées à terre, entre humour et suspense, ce sont les personnages nouveaux et leurs interprètes qui tirent l'histoire d'un certain ennui. Le plus réussi d'entre eux est ce fameux Salazar, surnommé "El Matar Del Mar" (le Boucher des Mers) et interprété par un imposant Javier Bardem, capitaine effrayant d'une bande de morts-vivants particulièrement soignés par les effets spéciaux.

Aux côtés de l'acteur australien Brenton Thwaites dans le rôle du jeune Henry Turner, l'autre bonne surprise du film est le personnage féminin de Carina Smyth, interprété par l'actrice britannique Kaya Scodelario, brune aux yeux bleus et à la peau diaphane, au sourire charmeur et au décolleté sympathique, avec un petit air de Nicole Kidman jeune.

Et il y a deux autres rôles féminins plus mineurs, mais qu'il ne faut pas manquer: l'actrice iranienne Golshifteh Farahani, remarquée l'an dernier dans PATERSON et ici étonnante en mystérieuse sorcière des mers  au crâne rasé, au visage tatoué, aux dents gâtées (cinq heures de maquillage quotidien, précise le dossier de presse); et, en toute fin de film, une autre apparition surprise –mais chut, c'est une apparition surprise…

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

"J'adore les Français, ils ont inventé la mayonnaise" (Johnny Depp, après avoir remarqué qu'ils ont aussi inventé la guillotine).

 

PIRATES DES CARAÏBES: LA VENGEANCE DE SALAZAR

("Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales") (États-Unis, 2h08)

Réalisation: Joachim Rønning et Espen Sandberg

Avec Johnny Depp, Javier Bardem, Kaya Scodelario

(Sortie le 24 mai 2017)

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