SPIDER-MAN: HOMECOMING

L'adolescence d'un super-héros

Adolescent, Spider-Man a les traits (quand il enlève son masque) du jeune acteur britannique Tom Holland (©Sony Pictures/Marvel).
Adolescent, Spider-Man a les traits (quand il enlève son masque) du jeune acteur britannique Tom Holland (©Sony Pictures/Marvel).

Même les super-héros ont eu une enfance. Avant d'être adulte, Spider-Man a été adolescent: c'est cette période de sa vie, quand il avait une quinzaine d'années et était encore au lycée, que raconte SPIDER-MAN: HOMECOMING, le nouvel épisode des aventures de l'homme-araignée.

Le jeune Peter Parker est en terminale, est plutôt bon élève, se passionne pour les matières scientifiques et a un petit béguin pour Liz, une de ses copines de classe –sans bien sûr oser lui avouer. De même, il ne révèle à personne qu'il est le mystérieux homme-araignée aux dons surnaturels qui vient en aide aux habitants de sa ville dans son costume rouge et poste les vidéos de ses exploits sur YouTube…

Il effectue des stages chez l'industriel Tony Stark (Robert Downey Jr), alias Iron Man, qui connaît son identité secrète. Il aimerait bien que celui-ci lui confie des missions dangereuses et l'intègre à l'équipe des Avengers comme Captain America, Hulk, Thor, la Veuve Noire et les autres. Mais Tony Stark le trouve encore trop jeune et lui conseille de jouer profil bas et de "rester l'araignée sympa du quartier", qui va chercher les chats dans les arbres, qui aide les vieilles dames à traverser la rue et qui arrête les petits délinquants.

L'adolescent ronge son frein, mais la mission importante ne viendra pas de Tony Stark, qui pourtant lui a offert un nouveau costume de Spider-Man paré des dernières technologies de pointe. Cette mission importante, elle va être de s'opposer à un gang de malfaiteurs qui vendent des armes très puissantes et très élaborées et sont dirigés par un mystérieux Vautour (Michael Keaton), capable de s'envoler dans les airs avec ses ailes métalliques…

Le titre du film fait référence aux deux sens que les Américains donnent au mot homecoming: à la fois retour au bercail et fête annuelle de l'école ou du collège. Ici l'on raconte les débuts de Spider-Man: c'est, selon le vocabulaire hollywoodien, entre le reboot (on reprend l'histoire à son début) et le prequel (on raconte ce qui s'est passé avant le début de l'histoire).

Car le héros des BD Marvel a été plusieurs fois adapté au cinéma, d'abord dans quelques films des années 70 et 80, puis dans une première série de trois films réalisés par Sam Raimi en 2002, 2004 et 2007 (avec Tobey Maguire dans le rôle du héros et Kirsten Dunst dans celui de sa petite amie), puis dans un reboot en deux épisodes réalisés par Marc Webb, les AMAZING SPIDER-MAN de 2012 et 2014 (avec Andrew Garfield et Emma Stone).

Ici Peter Parker n'a pas encore de petite amie (l'idylle avec sa copine Liz n'est qu'embryonnaire) et a les traits juvéniles de l'acteur britannique Tom Holland, 21 ans. Celui-ci a commencé sa carrière artistique comme danseur, dans l'adaptation au théâtre à Londres du film BILLY ELLIOT, avant de faire ses débuts au cinéma en 2012 dans THE IMPOSSIBLE, de Juan Antonio Bayona, aux côtés de Naomi Watts et Ewan McGregor, film qui racontait l'histoire d'une famille prise dans le tsunami en Thaïlande en 2004.

L'an dernier, Tom Holland a fait une première apparition dans le costume de Spider-Man dans CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR, ce qui a bien aidé à préparer la suite: "Marvel a pris soin de revenir sur les origines du personnage et s’est chargé de faire le gros du travail dans CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR, ce qui nous a évité de devoir expliquer pourquoi cet adolescent de 16 ans a tellement envie de devenir un super-héros. Peter a grandi dans l’univers cinématographique Marvel, il a vu Tony Stark avouer à la télévision qu’il était Iron Man quand il avait 8 ans. Le fait qu’il ait grandi dans un monde où les super-héros sont une réalité nous a donc permis de contourner ces questions et de plonger immédiatement dans le vif du sujet", explique le réalisateur Jon Watts, jusqu'ici quasi inconnu (il a réalisé des téléfilms et deux longs métrages de cinéma non sortis en France, CLOWN en 2014 et COP CAR en 2015).

Ce SPIDER-MAN: HOMECOMING est à cheval entre blockbuster de super-héros et film d'ados pour ados, les plaisanteries potaches et l'humour lycéen prenant presque autant de place que l'action et le suspense (assez conformistes jusqu'au rebondissement de la dernière demi-heure). Cela n'empêche pas les effets spéciaux, les références à l'univers Marvel et les dialogues très drôles avec Tony Stark.

Le générique de fin annonce une suite, et Tom Holland a même laissé entendre qu'il y aurait une suite de la suite. Cette trilogie HOMECOMING sera donc l'occasion de raconter comment un ado devient un homme, comment Peter Parker le lycéen deviendra Peter Parker le journaliste-photographe du Daily Bugle, et comment il s'intégrera finalement dans la bande des Avengers. Remakes, reprises, reboots, préquels, spin-offs, suites et retours en arrière: Marvel et Hollywood ont encore beaucoup d'aventures de super-héros à raconter…

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

"Si tu n'es rien sans ce costume, tu ne le mérites pas" (Tony Stark à Spider-Man).

 

SPIDER-MAN: HOMECOMING

(États-Unis, 2h14)

Réalisation: Jon Watts

Avec Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr.

(Sortie le 12 juillet 2017)

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