THE MONKEY KING-2

L'année du singe

C'est le premier film à sortir simultanément en Chine et en France (©Sinociné)
C'est le premier film à sortir simultanément en Chine et en France (©Sinociné)

A l'évocation de THE MONKEY KING-2, la première réaction du grand public français est de découvrir qu'il y a eu un premier MONKEY KING. Il est vrai que les deux films de Soi Cheang sont très peu connus en France. Le premier a pourtant été le plus gros succès du box-office chinois en 2014.

Ce second volet a été choisi pour promouvoir le cinéma chinois, encore confidentiel en Europe, dans le cadre d'une opération de sorties simultanées en Chine et dans plusieurs autres pays. Dans le cas de la France, c'est une première. Cela à l'occasion du Nouvel An chinois puisque l'avant-première parisienne a eu lieu vendredi 5, trois jours avant la date d'entrée dans l'année du singe. Un évènement qui a attiré de nombreux Chinois de France et une coïncidence qui ravira le Roi Singe du film, créature mythologique très populaire en Asie.

Car si La Pérégrination vers l'Ouest (titre de l'œuvre littéraire) ne parle pas à la majorité des Européens, ce conte est -à l'image des légendes arthuriennes ou du Seigneur des anneaux- un classique de la culture asiatique. On en retrouve des éléments dans des mangas aussi populaires que Dragon Ball ou One Piece. Mi-homme mi-singe, Sun Wukong -de son nom chinois-, est un redoutable guerrier, capable de voler grâce à son bâton d'or, de se démultiplier ou encore de débusquer les démons polymorphes grâce à ses "yeux de feux et pupilles d'or".

Dans le monde fantastique de ce film, le Roi Singe (Aaron Kwok) est libéré par le moine bouddhiste Xuanzang (William Feng), en route vers l'Ouest pour y trouver les écritures sacrées. Une déesse intime au héros de l'escorter dans son périple. Mission dont le fougueux Roi Singe se serait bien passé sans la couronne d'or qui le suborne au moine. Durant leur voyage, ils rencontrent d'autres créatures, bonnes ou mauvaises. Mais surtout Dame Os blanc, démon à mi-chemin entre le croque-mitaine et la méchante reine de Blanche-Neige, brillamment interprétée par la sublime Gong Li. Son objectif: "manger" (métaphoriquement) le moine pour s'assurer l'immortalité.

Les ressorts de l'histoire -la quête fantastique d'un groupe qui doit affronter des ennemis mortels et ses propres dissensions- sont universels et ne sont pas sans rappeler l'œuvre de Tolkien. Les profanes du cinéma asiatique risquent cependant d'être vite désorientés par des aspects très kitch pour des yeux occidentaux (démon graveleux à tête de cochon ou déesse sur son nuage), ainsi qu'une façon de jouer bien plus théâtrale, des réflexions philosophiques un peu longues et des références qui demandent un minimum de connaissances de la culture asiatique.

Mais THE MONKEY KING-2 reste un film d'aventures fantastique et un blockbuster plein d'effets spéciaux, projeté en 3D. Une incursion intéressante dans le cinéma chinois pour ceux qui apprécient déjà ce type de films. Le public chinois de France devrait aussi être ravi de voir l'adaptation d'un si grand classique. Il aura l'avantage de ne pas avoir à déchiffrer les sous-titres puisque le film n'est diffusé qu'en VO.

Victor Lefebvre

 

LA PHRASE

"Tu n'a plus envie de vivre?" (Gong Li, à sa servante qui l'a vexée).

 

THE MONKEY KING-2

(Chine, 1h58)

Réalisation: Pou-Soi Cheang

Avec la sublime Gong Li, Aaron Kwok, Feng Shaofeng

(Sortie le 10 février 2016)


Lire cet article et d'autres papiers cinéma, ainsi que toute l'actualité en temps réel, sur FranceSoir.fr