CARTEL

Du bling-bling et de la poudre (aux yeux)

Cameron Diaz et Penélope Cruz, deux copines au sauna (©20th Century Fox)
Cameron Diaz et Penélope Cruz, deux copines au sauna (©20th Century Fox)

Vous voyez l'affiche: ''Fassbender. Cruz. Diaz. Bardem. Pitt''. Ça c'est du casting! Même pas besoin de leurs prénoms. Vous rajoutez le nom du réalisateur, Ridley Scott, et celui du scénariste, Cormac McCarthy, et vous n'êtes pas loin du film de l'année.
Euh, comment dire, ne nous emballons pas...
Ça s'appelle CARTEL en français, THE COUNSELOR (l'avocat) en version originale, et l'entreprise avait de quoi mettre l'eau à la bouche de tout cinéphile qui se respecte: le premier scénario original écrit pour le cinéma par l'écrivain Cormac McCarthy, dont trois précédents romans ont été adaptés à l'écran (DE SI JOLIS CHEVAUX de Billy Bob Thornton en 2000, NO COUNTRY FOR OLD MEN des frères Coen en 2007, et LA ROUTE de John Hillcoat en 2009).
A la frontière américano-mexicaine, un baron de la drogue et des affaires louches (Javier Bardem) est associé à un avocat jeune et talentueux (Michael Fassbender). Leurs deux petites amies respectives (Cameron Diaz et Penélope Cruz) son vaguement copines, mais la première a l'air nettement plus intriguante que la seconde.
De l'argent, une jolie fiancée, un appartement luxueux, des voitures décapotables, une carrière toute tracée: le jeune avocat pourrait se contenter de ce qu'il a. Mais il veut plus, toujours plus.
Il met alors le doigt dans l'engrenage: une très grosse affaire de trafic de drogue que lui propose son associé. Un intermédiaire (Brad Pitt) entre eux et un cartel colombien le met en garde, avant qu'il ne s'engage: ces gens-là sont capables de tout.
Mais rien n'y fait. Attiré par le risque et l'appât du gain –et malgré l'amour sincère qu'il porte à sa fiancée, qui ne se doute de rien--, l'avocat plonge. Tout ne se passera pas comme prévu, bien sûr...
''Il s’agit de gens qui se retrouvent impliqués dans quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû approcher'', explique Cormac McCarthy. C'est le point de départ du scénario, mais on se perd vite en route, entre El Paso, Amsterdam, Londres, le Mexique, les États-Unis, la Colombie.
Le film débute par le meilleur: une scène d'un érotisme verbal très torride entre Michael Fassbender et Penélope Cruz, sous les draps à 2h de l'après-midi. ''Je veux que tu me touches'', lui dit-elle.
Ensuite, hélas, l'histoire, les personnages et les dialogues ne sont que bling-bling et poudre aux yeux. Juste l'occasion, pour Ridley Scott, de faire admirer sa virtuosité –on la connaît, d'ALIEN à PROMETHEUS, de BLADE RUNNER à ROBIN DES BOIS, de THELMA ET LOUISE à GLADIATOR.
On ne s'ennuie jamais, certes. Les dialogues sont très ciselés, certes. Les chemises de Javier Bardem et le tatouage dorsal de Cameron Diaz valent le déplacement, certes. Un peu d'humour (dans le personnage de Javier Bardem) se glisse dans quelques scènes, certes.
Mais au bout de deux heures --après notamment un interminable dialogue téléphonique entre le jeune avocat et un baron de la drogue--, on se dit: tout ça pour ça?
Jean-Michel Comte

LA PHRASE
''On peut tout faire aux femmes, sauf les ennuyer'' (Javier Bardem).

CARTEL
(''The Counselor'') (États-Unis, 1h51)
Réalisation: Ridley Scott
Avec Michael Fassbender, Javier Bardem, Cameron Diaz
(Sortie le 13 novembre 2013)

A la frontière américano-mexicaine, les chemises de Javier Bardem sont en vente libre. De toute façon il a un avocat, Michael Fassbender (©20th Century Fox)
A la frontière américano-mexicaine, les chemises de Javier Bardem sont en vente libre. De toute façon il a un avocat, Michael Fassbender (©20th Century Fox)