ÉGALEMENT SUR LES ÉCRANS

TOUT NOUS SÉPARE

Nekfeu fait chanter Catherine Deneuve

Dans le film, Nekfeu menace Catherine Deneuve et la fait chanter (©Mars Distribution).
Dans le film, Nekfeu menace Catherine Deneuve et la fait chanter (©Mars Distribution).

Le rappeur Nekfeu fait des débuts réussis au cinéma et donne la réplique à Catherine Deneuve dans TOUT NOUS SÉPARE, film policier de Thierry Klifa hélas moins convaincant.

À 35 ans, Julia (Diane Kruger) vit toujours chez sa mère Louise (Catherine Deneuve), une riche bourgeoise qui a repris l'entreprise de travaux publics de son défunt mari, dans la région de Sète. Julia, qui boite et marche avec une canne à cause d'une blessure due à un accident, ne fait rien de ses journées sinon d'avoir des pensées suicidaires et de fréquenter un petit délinquant des environs, Rodolphe (Nicolas Duvauchelle).

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MISE À MORT DU CERF SACRÉ

Oeil pour oeil, dent pour dent

Nicole Kidman et Colin Farrell, un couple impliqué dans une étrange histoire (©Haut et court).
Nicole Kidman et Colin Farrell, un couple impliqué dans une étrange histoire (©Haut et court).

Attention, film étrange. MISE À MORT DU CERF SACRÉ, du réalisateur grec Yórgos Lánthimos, intrigue par son sujet, son scénario et son ambiance, entre thriller et fantastique, sur le thème du sacrifice.

Steven (Colin Farrell), brillant chirurgien, est marié à Anna (Nicole Kidman), ophtalmologue respectée. Ils vivent heureux avec leurs deux enfants Kim, 14 ans, et Bob, 12 ans. Depuis quelques temps, Steven a pris sous son aile Martin (Barry Keoghan), un jeune garçon de 16 ans un peu tête à claques qui a perdu son père deux ans auparavant et vit seul avec sa mère.

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AU REVOIR LÀ-HAUT

Gueules cassées et cœurs brisés de la Grande Guerre

Le difficile retour à la vie civile de deux Poilus de 14-18, un petit comptable (Albert Dupontel, à gauche) et une "gueule cassée" au bas du visage arraché (Nahuel Pérez Biscayart) (©Jérôme Prébois/ADCB Films/Gaumont).
Le difficile retour à la vie civile de deux Poilus de 14-18, un petit comptable (Albert Dupontel, à gauche) et une "gueule cassée" au bas du visage arraché (Nahuel Pérez Biscayart) (©Jérôme Prébois/ADCB Films/Gaumont).

Les grands livres ne donnent pas toujours de grands films, mais ici c'est le cas: l'acteur-réalisateur Albert Dupontel adapte avec brio Au revoir là-haut, le Prix Goncourt 2013 de Pierre Lemaitre, histoire de deux survivants de la guerre 14-18 qui tentent tant bien que mal de revenir à la vie civile.

Albert Maillard, modeste comptable (Albert Dupontel), et Edouard Péricourt, talentueux dessinateur fils d'une famille de la haute bourgeoisie (Nahuel Pérez Biscayart), attendent l'Armistice dans les tranchées quand leur chef, le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), sadique et autoritaire, ordonne un dernier assaut contre les Allemands. Albert manque d'être enterré vivant mais est sauvé in extremis par Edouard, avant qu'un éclat d'obus ne les plonge dans le coma.

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THE SQUARE

La surprenante Palme d'or suédoise du Festival de Cannes

Dans certaines scènes, on se demande si c'est de l'art ou du cochon (©Bac Films).
Dans certaines scènes, on se demande si c'est de l'art ou du cochon (©Bac Films).

Voici donc sur les écrans français la Palme d'or qui a créé la surprise au dernier Festival de Cannes, déjouant la plupart des pronostics des journalistes sur place: THE SQUARE, du réalisateur suédois Ruben Östlund, satire grinçante des classes sociales aisées et intellectuelles.

Le personnage principal en est Christian (l'acteur danois Claes Bang, faux airs de Pierce Brosnan), conservateur d'un musée d'art moderne qui inaugure une nouvelle exposition baptisée The Square. Le point de départ en est un carré lumineux de 4 mètres sur 4 dans lequel les visiteurs sont invités à entrer, en respectant la plaque qui y est accolée: "Le Carré est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs".

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ZOMBILLÉNIUM

Lutte des classes chez les morts-vivants

Dans le parc d'attractions Zombillénium, la tension est vive entre les morts-vivants (©Gebeka Films).
Dans le parc d'attractions Zombillénium, la tension est vive entre les morts-vivants (©Gebeka Films).

Même dans l'au-delà, la lutte des classes continue. Vampires et zombies s'opposent les uns aux autres, mécontents de leurs différences sociales dans le parc d'attractions qui donne son nom au dessin animé français ZOMBILLÉNIUM.

C'est un parc pour les enfants et adolescents qui aiment les frissons. Il y a des zombies, des vampires, des loups-garous, des fantômes, des squelettes, des momies, des sorciers et autres monstres. Mais ce ne sont pas des acteurs ou des figurants déguisés: ce sont de vrais morts-vivants, assignés à résidence pour l'éternité dans les sous-sols de ce parc construit sur l'emplacement d'une ancienne mine de charbon écroulée, dans le Nord de la France, au milieu d'un paysage désert et lugubre.

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L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE

Chasse, pêche, nature et traditions

Dans le film, le petit Paul (Jean Scandel) découvre la nature et apprend la pêche à la mouche (©StudioCanal/Eric Travers/Radar Films).
Dans le film, le petit Paul (Jean Scandel) découvre la nature et apprend la pêche à la mouche (©StudioCanal/Eric Travers/Radar Films).

Habitué et spécialiste du froid et du Grand Nord, Nicolas Vanier change d'horizon en situant dans la Sologne des années 30 l'histoire de son nouveau film de fiction, L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE, ode à la nature et au passé.

Le héros en est un garçon d'une dizaine d'années, Paul (le petit Jean Scandel), orphelin qui ne connaît de la vie que son orphelinat en banlieue parisienne, en 1927. "À force d'être enfermés par des murs, ils en ont aussi dans la tête", dit le directeur de l'établissement, qui parvient à confier le gamin à une fille de ferme de sa région natale, la Sologne.

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NUMÉRO UNE

La cause des femmes

Entre Emmanuelle Devos et Richard Berry, c'est la guerre ouverte (©Pyramide Films).
Entre Emmanuelle Devos et Richard Berry, c'est la guerre ouverte (©Pyramide Films).

Dans la vie privée, dans le monde politique, dans l'entreprise, l'égalité entre hommes et femmes progresse chaque jour mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. C'est le message que défend Emmanuelle Devos dans le film NUMÉRO UNE, de la réalisatrice Tony Marshall.

L'actrice y interprète Emmanuelle Blachey, une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l’énergie, jusqu’au comité exécutif. Elle parle chinois couramment, a quelquefois le temps d'aller au club de gym, rentre trop tard chez elle le soir pour s'occuper de sa fille de 8 ans mais l'accompagne le matin à l'école, est mariée à un avocat anglais sympa aux affaires fluctuantes et qui ne s'offusque pas de gagner moins d'argent qu'elle.

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LA PASSION VAN GOGH

Les tableaux se font une toile

Le film est présenté comme "le premier long métrage de peinture animée au monde" (©La Belle Company).
Le film est présenté comme "le premier long métrage de peinture animée au monde" (©La Belle Company).

Les derniers mois de Vincent Van Gogh racontés dans un film d'animation entièrement peint à la main à la manière du peintre et avec l'intégration de ses tableaux: c'est l'étonnant film polonais LA PASSION VAN GOGH, prix du public du dernier Festival du film d'animation d'Annecy en juin dernier.

L'histoire commence à Arles en 1891, un an après le suicide de Van Gogh d'une balle en pleine poitrine à Auvers-sur-Oise. Joseph Roulin, maître des Postes à Arles où le peintre séjourna en 1888-1889 et devint son ami, charge son fils Armand Roulin de remettre en mains propres une lettre de Vincent Van Gogh à son frère Theo.

Peu enthousiaste, Armand Roulin se rend à Paris, où Theo est introuvable. Et pour cause: il est mort lui aussi, quelques mois après son frère aîné. C'est Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, qui lui apprend la nouvelle.

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LE SENS DE LA FÊTE

Jean-Pierre Bacri: mariage pour tous

"Le sens de la fête" appartient à un genre particulier du cinéma français, les "Bacri movies" (©Thibault Grabherr/Ten Films/Gaumont).
"Le sens de la fête" appartient à un genre particulier du cinéma français, les "Bacri movies" (©Thibault Grabherr/Ten Films/Gaumont).

Depuis plus de trois décennies, c'est le bougon sympa du cinéma français. Bougon ET sympa: Jean-Pierre Bacri est toujours aussi râleur mais toujours aussi bienveillant dans LE SENS DE LA FÊTE, le nouveau film des réalisateurs d'INTOUCHABLES Éric Toledano et Olivier Nakache, qui le met en vedette et lui permet de faire le show.

Il y interprète Max, traiteur depuis 30 ans devenu un spécialiste des organisations de mariages. Il en a agencé des centaines, et il est même sur le point d'envisager de raccrocher, miné par la lassitude et une mauvaise passe sentimentale.

Mais présentement il continue d'assurer, avec un professionnalisme à toute épreuve. Il s'agit d'organiser un grand dîner de mariage chic avec 200 invités dans un château du XVIIe siècle.

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LE PETIT SPIROU

Tous les grands commencent petits

Le petit Spirou (Sacha Pinault), entre son grand-père (Pierre Richard) et sa mère (Natacha Régnier) (©Thibault Grabherr et Anouchka de Williencourt/La Belle Company).
Le petit Spirou (Sacha Pinault), entre son grand-père (Pierre Richard) et sa mère (Natacha Régnier) (©Thibault Grabherr et Anouchka de Williencourt/La Belle Company).

Avant de devenir héros de bande dessinée, Spirou a été un enfant comme les autres et est allé à l'école. C'est cette période que racontent les albums de BD du Petit Spirou, aujourd'hui adaptés à l'écran dans le film du même nom.

C'est bientôt la fin des classes et, à la rentrée prochaine, Spirou intégrera l'école professionnelle des grooms d'hôtel comme le veut la tradition familiale, lui annonce sa maman (Natacha Régnier). Alors le petit Spirou veut profiter des derniers moments passés avec ses copains.

Avec eux il fait des farces au prof de gym rondouillard et volubile M. Mégot (François Damiens), avec eux il est troublé par les charmes rebondis de la prof de maths Mlle Chiffre (Gwendolyn Gourvenec), avec eux il assiste aux séances de chorale du curé de la paroisse Langélusse fan de heavy metal (Philippe Katerine).

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 ÇA

Stephen King, le roi de la peur

Hou qu'il est vilain! Dans "Ça", le clown ne fait pas rire, bien au contraire (©Warner Bros).
Hou qu'il est vilain! Dans "Ça", le clown ne fait pas rire, bien au contraire (©Warner Bros).

CARRIE, SHINING, CHRISTINE, STAND BY ME, MISERY, LES ÉVADÉS, LA LIGNE VERTE: on ne compte plus les adaptations au cinéma des romans du maître de la peur Stephen King. Voici enfin son plus célèbre livre transposé sur grand écran: ÇA.

À Derry, une petite ville du Maine dans le nord-est des États-Unis, un garçon de six ans disparaît, un jour de pluie, happé par un clown monstrueux caché dans les égouts qui lui arrache le bras avec sa mâchoire acérée et l'entraîne dans les canalisations.

Huit mois plus tard, son grand frère Bill, 13 ans, ne s'est toujours pas remis de cette disparition. Il croit que son petit frère est toujours vivant et continue de le chercher. C'est la fin de l'école, l'été commence, et avec ses copains il forme la "Bande des Ratés": sept adolescents (dont une fille) qui souffrent tous d'un complexe ou d'un problème personnel, ou qui ont des relations difficiles avec leurs parents, ou qui subissent les brimades et violences d'une bande de voyous du collège.

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A CIAMBRA

Les 400 coups à l'italienne

 Le jeune Pio Amato est de presque toutes les scènes du film (©Haut et court).
Le jeune Pio Amato est de presque toutes les scènes du film (©Haut et court).

En Calabre, à la pointe de la botte de l'Italie, les communautés roms et les immigrés africains survivent comme ils le peuvent. L'enfance et l'adolescence y sont souvent difficiles mais les caractères se forgent vite, comme le montre le film italien A CIAMBRA.

Au sein de sa famille de Roms, Pio a 14 ans et veut grandir vite. Comme son grand frère Cosimo, il boit, fume et apprend l’art des petites arnaques de la rue. Mais quand Cosimo est arrêté par les carabiniers et mis en prison après un cambriolage, Pio se sent obligé de prendre sa place pour veiller sur la famille et lui assurer ses moyens de subsistance.

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LE REDOUTABLE

Godard hargneux, drôle et amoureux

Louis Garrel et Stacy Martin interprètent le couple Jean-Luc Godard/Anne Wiazemsky (©StudioCanal).
Louis Garrel et Stacy Martin interprètent le couple Jean-Luc Godard/Anne Wiazemsky (©StudioCanal).

Jean-Luc Godard imbu de lui-même et de mauvaise foi? Le public connaît cela. Jean-Luc Godard drôle et sarcastique? Ses proches et les journalistes qui l'ont côtoyé le savent. Mais Jean-Luc Godard amoureux? C'est l'aspect peu connu du cinéaste phare de la Nouvelle Vague que dévoile le film LE REDOUTABLE.

Il ne s'agit pas d'un biopic mais du récit de la relation amoureuse et du mariage, à la fin des années 60, entre Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky, racontée par celle-ci dans un livre paru en 2015, Un an après (Ed. Gallimard). C'est Michel Hazanavicius, le réalisateur des OSS-117 et de THE ARTIST, qui a adapté le livre au cinéma.

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MOTHER!

Darren Aronofsky torture Jennifer Lawrence 

Jennifer Lawrence voit son paradis envahi dans "Mother!" de Darren Aronofsky (©Paramount Pictures).
Jennifer Lawrence voit son paradis envahi dans "Mother!" de Darren Aronofsky (©Paramount Pictures).

Dès les premières secondes de son MOTHER!, Darren Aronofsky avertit le spectateur qu’il entre dans un univers mystérieux dont la logique lui échappera pendant un bon moment avant d’être brutalement révélée. Projeté à la Mostra de Venise, le film n’a d’ailleurs reçu aucune distinction mais des critiques très partagées. Certains y voient un chef-d’œuvre, d’autres tancent son excès en tout. Presque tous s’accordent pour dire que le film est une claque.

Le père de REQUIEM FOR A DREAM et BLACK SWAN s’est en effet lancé dans un huis-clos presque inclassable, aux relents de thriller psychologique sans vraiment en être un, fantastique et angoissant sans tomber dans l'horreur.

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GOOD TIME

La nuit de Robert Pattinson dans les bas-fonds new-yorkais

Robert Pattinson fait tout pour faire évader son frère, emprisonné après un braquage de banque raté (©Temperclayfilm/Ad Vitam).
Robert Pattinson fait tout pour faire évader son frère, emprisonné après un braquage de banque raté (©Temperclayfilm/Ad Vitam).

Il a une tête d'ange et c'est un gentil garçon qui aime les chiens et sa famille, mais ça ne l'empêche pas de faire des bêtises et d'avoir un destin très contrarié. Robert Pattinson passe une sale nuit dans GOOD TIME.

Le film commence par une série de questions que pose un psychologue à un jeune homme aux capacités mentales limitées prénommé Nick. Son frère Connie (Robert Pattinson) ne supporte pas de voir celui-ci végéter dans une institution pour retardés mentaux et décide de l'emmener avec lui, pour qu'il mène une existence "normale", comme les autres.

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ÔTEZ-MOI D'UN DOUTE

Papa où t'es?

Dans le film, François Damiens retrouve son père biologique, André Wilms (©SND)
Dans le film, François Damiens retrouve son père biologique, André Wilms (©SND)

Entre deux films tristes ou tourmentés, ce fut l'un des coups de cœur de nombreux spectateurs au dernier Festival de Cannes: présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film ÔTEZ-MOI D'UN DOUTE traite d'un sujet sérieux mais sur le ton de la comédie qui en fait l'un des feel-good movies les plus agréables et les plus réussis de l'année.

La jeune réalisatrice Carine Tardieu y évoque la question de la paternité et des liens familiaux, en mêlant habilement scènes drôles et moments d'émotion. La tête d'affiche du film symbolise ce mélange entre sérieux et humour: François Damiens.

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BARBARA

Faux biopic, vraie déception 

"Film dans le film": Jeanne Balibar et Mathieu Amalric interprètent une actrice et un réalisateur qui tournent un film sur Barbara (©Roger Arpajou/Waiting For Cinéma/Gaumont Distribution).
"Film dans le film": Jeanne Balibar et Mathieu Amalric interprètent une actrice et un réalisateur qui tournent un film sur Barbara (©Roger Arpajou/Waiting For Cinéma/Gaumont Distribution).

Pour le 20e anniversaire de la mort de Barbara à l'âge de 67 ans (c'était le 24 novembre 1997), l'acteur-réalisateur Mathieu Amalric lui rend hommage avec un film original mais décevant, BARBARA, sorte d'anti-biopic intello pour happy few.

Il se met en scène lui-même comme réalisateur d'un film sur la chanteuse, qui dirige une actrice, Brigitte (Jeanne Balibar), chargée de l'incarner sur grand écran. Le tournage se met en place, l'actrice travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, mais aussi les gestes de la vie courante à la manière de Barbara: elle tricote, s'endort et se réveille, s'interroge sur sa vie sentimentale.

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