DIVIN ENFANT

Réveillon raté

Une belle brochette d'acteurs pour un réveillon familial (©UGC Distribution)
Une belle brochette d'acteurs pour un réveillon familial (©UGC Distribution)

Dans leur grande maison au milieu des vignes, Jean (Sami Bouajila) et Sarah (Emilie Dequenne) reçoivent leurs ex et leurs enfants pour un réveillon de Noël en famille(s) très recomposée(s).
Jean est un brillant psychologue, chef de clinique à l'hôpital de Bordeaux. Sarah est une épouse et une femme parfaite, organisée, qui maîtrise toutes les situations et a organisé avec soin cette soirée.
Tous les deux ont eu des enfants de différentes unions, et essayent depuis un an d'en faire un petit dernier. Et, entre deux méchancetés entre les différents invités, Sarah croit détendre l'atmosphère en annonçant la bonne nouvelle: elle est enceinte.
Problème: Jean vient d'avoir le résultat d'analyses récentes qui montrent qu'il ne peut plus avoir d'enfant. Et il a mis quelques invités dans la confidence...
Sur ce scénario tiré d'un livre suédois, Olivier Doran a construit une comédie, DIVIN ENFANT, où il est question de paternité, de maternité, de sexualité, de famille, d'égalité entre les hommes et les femmes.
Il a aussi réuni une jolie brochette d'acteurs (il y a aussi Géraldine Pailhas, Linh-Dan Pham, Guillaume de Tonquédec, Pascal Demolon) pour un film où chacun a son mot à dire et fait son petit numéro. ''J'aime bien les bandes et les situations qui dérapent'', explique-t-il. ''Je crois que mon truc c'est vraiment «l'individu contre le groupe»!''
C'était déjà le cas dans ses trois films précédents comme réalisateur, plutôt réussis: LE DÉMÉNAGEMENT en 1997, PUR WEEK-END en 2007 et LE COACH en 2009.
Mais ici les rebondissement de situations et les dialogues ressemblent trop à du théâtre filmé, dans un huis-clos collectif où les acteurs ont l'air de s'ennuyer autant que le spectateur: ce n'est pas très bien joué, pas très bien dialogué, pas très bien monté dans l'ensemble. Seul Sami Bouajila surnage, les autres ont tendance à surjouer pour combler le manque de rythme et de construction de l'histoire.
Il y a quelques gags qui font sourire (l'intervention d'un voisin chargé de jouer le Père Noël pour les enfants et victimes d'accidents de la route répétés), mais l'ensemble du film est à l'image de ce réveillon familial: une bonne idée, des intentions louables, mais une soirée ratée.
Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

''J'adore Noël'' (dernière phrase du film).


DIVIN ENFANT
(France, 1h25)
Réalisation: Olivier Doran
Avec Sami Bouajila, Emilie Dequenne, Géraldine Pailhas
(Sortie le 15 janvier 2014)