L'HYPNOTISEUR

A dormir debout

Mikael Persbrandt, dans le rôle de l'hypnotiseur (©UGC)
Mikael Persbrandt, dans le rôle de l'hypnotiseur (©UGC)

Dans un gymnase de Stockholm, un prof d'éducation physique est assassiné à coups de couteau. Peu après, c'est le reste de sa famille, dans sa maison de banlieue, qui subit le même sort: la mère, la fille --mais pas le fils, Josef, laissé pour mort par l'assassin, baignant dans son sang, mais encore vivant à l'arrivée de la police.

L'adolescent, hospitalisé, est dans le coma. La police ne peut l'interroger, mais fait venir d'urgence un spécialiste de l'hypnose, Erik Maria Bark. Car le tueur recherche un dernier membre de la famille, une soeur, pour la tuer elle aussi: Josef, dans son coma, peut mettre la police sur une piste.

Coma plus hypnose: Bark commence l'exploration du subconscient du jeune garçon. Mais l'hypnotiseur était censé avoir arrêté ses activités, il ne devait plus utiliser ses dons, en raison d'un scandale passé.

A la traque du tueur va bientôt se greffer une deuxième affaire, mêlant plus étroitement l'hypnotiseur en question...

Tiré d'un polar à succès de l'écrivain suédois Lars Kepler, L'HYPNOTISEUR marque le retour en Suède du réalisateur Lasse Hallström, qui s'était fait connaître par MA VIE DE CHIEN en 1985 avant d'entamer une carrière aux Etats-Unis: GILBERT GRAPE (avec les très jeunes Johnny Depp et Leonardo DiCaprio), L'OEUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE (avec Tobey Maguire et Charlize Theron), LE CHOCOLAT (avec Juliette Binoche et Johnny Depp).

''J'ai toujours voulu réaliser un thriller, mais je n'en ai pas eu l'occasion aux Etats-Unis'', explique-t-il. ''Ce n'est pas un genre auquel on associe mon nom en général, si bien que l'on ne m'en n'a jamais proposé''.

De fait, le résultat n'est pas particulièrement réussi. Certes, dans la veine de ses films intimistes, Lasse Hallström sait mettre en place une ambiance particulière, faite d'images sombres ou filmées à contre-jour, d'alternance entre intérieurs et paysages enneigées, de descriptions de personnages solitaires (le flic) ou tourmentés (l'hypnotiseur).

Mais pour ce qui est de l'histoire, du scénario, du suspense, tout est un peu tiré par les cheveux, le mélange de deux affaires manque de crédibilité, et le rythme est souvent trop lent, sans que cela se justifie, avant de s'accélérer sur la fin.

Bref, pas de quoi se lever la nuit. En matière d'hypnose, on préfèrera, sorti cette même semaine sur les écrans, le film de Danny Boyle TRANCE dans lequel la vedette est non pas un hypnotiseur mais une hypnotiseuse --plus sexy, plus efficace et moins lugubre qu'ici le bon spécialiste Bark.

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

''Arrête d'hypnotiser, sinon il mourra''. (Écrite sur un mur, la menace d'un kidnappeur d'enfant à l'hypnotiseur qui aide la police).

 

L'HYPNOTISEUR

(''Hypnotisören'') (Suède, 2h02)

Réalisation: Lasse Hallström

Avec Michael Persbrandt, Lena Olin, Tobias Zilliacus

(Sortie le 8 mai 2013)