KINGSMAN: SERVICES SECRETS

Les agents très, très spéciaux de Colin Firth

Colin Firth, espion élégant (©20th Century Fox)
Colin Firth, espion élégant (©20th Century Fox)

Ça ressemble à un film d'espionnage mais c'est l'un des films les plus drôles de ce début d'année. Dans KINGSMAN: SERVICES SECRETS, le réalisateur britannique Matthew Vaugh rend hommage aux James Bond et autres agents secrets, tout en faisant preuve d'un humour très british et parfois iconoclaste, voire politiquement incorrect.
Harry Hart (Colin Firth) et son chef Arthur (Michael Caine), responsables des Kingman, l'élite des services de renseignement britanniques, sont à la recherche de sang neuf pour remplacer un agent assassiné. Harry Hart jette son dévolu sur Eggsy (Taron Egerton), un jeune homme de caractère qui fait régulièrement le coup de poing avec les voyous de son quartier dans la banlieue de Londres.
Eggsy est le fils d'un ancien agent des Kingsman tué 17 ans plus tôt. Mais pas de passe-droit: il va être mis en concurrence avec sept autres candidats, dans les tests et les épreuves organisés au camp d'entraînement des services secrets.
Il s'agit de sélectionner le meilleur d'entre eux, pour affronter une terrible menace: le projet mégalomane d'un millionnaire américain d'Internet, Richmond Valentine (Samuel L. Jackson), qui prétend sauver la planète et est reçu à la Maison blanche par Barack Obama mais a en réalité d'autres visées beaucoup plus criminelles…
Le film "est une ode à tous les films d’espionnage, à la fois moderne, irrévérencieuse et drôle", explique Matthew Vaugh, qui fut longtemps producteur avant de se lancer dans la réalisation en 2004 avec LAYER CAKE (qui révéla Daniel Craig) puis de réaliser notamment KICK-ASS en 2010 et, l'année suivante, X-MEN: LE COMMENCEMENT.
"Je tenais à ce que ce film soit profondément divertissant et capture avec modernité l’essence des films d’espionnage des années 60 et 70. À bien des égards, Kingsman: services secrets est un film postmoderne car il est plein de références aux classiques du genre, dont il réinvente les codes", ajoute-t-il.
C'est un peu prétentieux mais pas faux. Le réalisateur –âgé de 43 ans et, dans la vie, mari de Claudia Schiffer avec qui il a eu trois enfants– a su raconter une histoire à suspense, dans la veine des film d'espionnage classiques, tout en parsemant le film d'humour à jet continu, de dialogues parfois provocateurs, de situations loufoques, de personnages originaux et parfois hilarants.
L'élégance de Colin Firth en costumes trois-pièces, l'impertinence et l'énergie du jeune Taron Egerton (qui fait ses débuts à l'écran, avec un faux air de Cristiano Ronaldo), Samuel L. Jackson qui déclenche le rire chaque fois qu'il ouvre la bouche, les cascades, les ralentis, les arts martiaux, une méchante aux jambes d'acier façon Oscar Pistorius, une scène très drôle de massacre dans l'église d'une secte, une série de feux d'artifice hilarants en fin de film, des gags et de la bagarre: ce Kingsman est un vrai plaisir pour se changer les idées –ce qui n'est pas un luxe, par les temps qui courent.
Jean-Michel Comte

LA PHRASE
"Tu as vu le film Un fauteuil pour deux? Nikita? Pretty Woman?" (Colin Firth à Taron Egerton, à qui il veut apprendre l'élégance au début du film).

KINGSMAN: SERVICES SECRETS
(Grande-Bretagne, 2h09)
Réalisation: Matthew Vaughn
Avec Colin Firth, Samuel L. Jackson, Taron Egerton
(Sortie le 18 février 2015)


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