GOOD TIME

La nuit de Robert Pattinson dans les bas-fonds new-yorkais

Robert Pattinson fait tout pour faire évader son frère, emprisonné après un braquage de banque raté (©Temperclayfilm/Ad Vitam).
Robert Pattinson fait tout pour faire évader son frère, emprisonné après un braquage de banque raté (©Temperclayfilm/Ad Vitam).

Il a une tête d'ange et c'est un gentil garçon qui aime les chiens et sa famille, mais ça ne l'empêche pas de faire des bêtises et d'avoir un destin très contrarié. Robert Pattinson passe une sale nuit dans GOOD TIME.

Le film commence par une série de questions que pose un psychologue à un jeune homme aux capacités mentales limitées prénommé Nick. Son frère Connie (Robert Pattinson) ne supporte pas de voir celui-ci végéter dans une institution pour retardés mentaux et décide de l'emmener avec lui, pour qu'il mène une existence "normale", comme les autres.

Pas tout à fait normale, cependant. En guise de stage de réinsertion dans la société, Connie entraîne Nick dans un braquage de banque, confiant en ses possibilités. Mais le hold-up tourne mal, Nick est arrêté, Connie parvient à s'enfuir.

Nick est emprisonné puis, à la suite de bagarres, se retrouve à l'hôpital, salement amoché. Connie, qui a le sens de la famille et aime son frère, tente de trouver de l'argent pour payer sa caution et le faire libérer. Mais c'est difficile et il pense alors à une autre solution: le faire évader de l'hôpital, en fauteuil roulant. Commence alors une longue nuit dans les bas-fonds de New York…

C'est le troisième long-métrage que réalisent ensemble les frères Ben et Joshua Safdie, après LENNY AND THE KIDS en 2009 et MAD LOVE IN NEW YORK en 2014. Le film se déroule dans le quartier new-yorkais du Queens et ses environs, où les deux jeunes cinéastes américains ont passé une grande partie de leur enfance.

Petits voyous, marginaux, sociopathes, toxicomanes, délinquants, exclus de la société, cas sociaux: c'est le monde interlope dans lequel évoluent Connie et Nick, qui vivent au jour le jour et cherchent constamment les moyens de survivre. "Nous sommes obsédés par les personnages qui vivent dans le moment présent", explique Joshua Safdie. "Notre ennemi, c’est le temps, c’est toujours le temps. Et le présent existe hors du temps. Nos personnages ne savent jamais à l’avance ce qui va se passer le lendemain, ou même dans l’heure qui vient. Ce sont des gens qu’on oublie, qu’on ne voit même pas, à tel point qu’ils se fondent dans le décor en une fraction de seconde –et c’est ce qui les rend beaux et fascinants".

Une grande partie du film se déroule la nuit, entre hôpital et fast-food, entre domicile d'une vieille grand-mère et parc d'attractions désert, entre prison et trottoirs de la ville. Il y a un rythme fou et de la violence dans les actes et dans les paroles qui font parfois penser à d'autres films sous adrénaline tournés dans les quartiers de New York comme UN APRÈS-MIDI DE CHIEN, AFTER HOURS, TAXI DRIVER, LITTLE ODESSA ou LA NUIT NOUS APPARTIENT.

Les visages sont parfois filmés en gros plan, les images sont sombres ou saturées de rouge, l'atmosphère est lourde et le suspense au coin de la rue. Dans cette descente nocturne aux enfers, Robert Pattinson, piercings aux oreilles et petite barbiche, qui se teint en blond pour échapper à la police, trouve un de ses meilleurs rôles. À ses côtés c'est l'un des deux co-réalisateurs, Ben Safdie, qui joue d'une manière époustouflante Nick le frère demeuré, et l'on retrouve aussi Jennifer Jason Leigh dans un petit rôle lui aussi assez déjanté.

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

"J'ai été un chien dans une vie antérieure. J'en suis sûr. D'où mon côté adorable" (Robert Pattinson).

 

GOOD TIME

(États-Unis, 1h40)

Réalisation: Ben et Joshua Safdie

Avec Robert Pattinson, Ben Safdie, Jennifer Jason Leigh

(Sortie le 13 septembre 2017)


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