FIRST LOVE

Premier amour, yakuzas japonais et triades chinoises

Monica la jeune prostituée (Sakurako Konishi) et Leo le boxeur (Masataka Kubota) fuient les yakuzas japonais et les triades chinoises à leurs trousses (©Haut-et-Court).
Monica la jeune prostituée (Sakurako Konishi) et Leo le boxeur (Masataka Kubota) fuient les yakuzas japonais et les triades chinoises à leurs trousses (©Haut-et-Court).

Le réalisateur japonais Takashi Miike est un stakhanoviste: à 59 ans, il a réalisé une centaine de films depuis ses débuts en 1991, dont une soixantaine de longs-métrages sortis en salles, une vingtaine directement diffusés en vidéo, plus des téléfilms et des séries télévisées. Le dernier en date, FIRST LOVE, est une histoire d'amour au milieu de bagarres, fusillades, massacres et carnages dans les milieux des yakuzas, les membres du crime organisé au Japon.

Une nuit, dans une rue de Tokyo. Leo, un jeune boxeur, croise Monica, une jeune callgirl toxicomane, poursuivi par un homme. Leo assomme l'homme et décide de protéger Monica, de partir avec elle, de l'aider à fuir. Il ignore ce qui les attend.

Leo, enfant abandonné, qui gagne sa vie comme serveur dans un resto chinois, a dû abandonner la boxe car on lui a diagnostiqué une tumeur au cerveau. Monica, elle, s'est enfuie du domicile d'un couple de trafiquants de drogue qui la retenaient de force et l'obligeaient à se prostituer pour rembourser les dettes de son père, toxicomane décédé.

En s'enfuyant, elle s'est retrouvée involontairement impliquée dans un trafic de drogue entre ses ravisseurs, un groupe de yakuzas pour lequel ils travaillent, un policier corrompu (l'homme qui la poursuivait et que Leo a assommé) et les triades chinoises installées à Tokyo, elles aussi concernées par cette affaire. Monica, que les uns utilisent comme appât pour piéger les autres car on la croit en possession de l'argent de la drogue, est ainsi poursuivie par tout le monde…

Le film est –comme son titre l'indique– une histoire d'amour entre un jeune homme et une jeune femme aux visages angéliques, au milieu d'un enfer de violence, de meurtres, de courses-poursuites, de fusillades, de bagarres, de combats au sabre, le tout se succédant à un rythme soutenu. C'est violent et divertissant, sombre (l'action se déroule la nuit), en fin de film le carnage entre yazukas et triades vire au gore, voire au comique décalé (un bras, une tête coupés), et l'on n'a pas le temps de s'ennuyer.

Dans ses nombreux films musclés, Takashi Miike a souvent été accusé de misogynie. Ici les personnages féminins sont moins nombreux que leurs homologues masculins, mais s'imposent avec autorité: la femme du couple de trafiquants, une tueuse envoyée par les triades chinoises et même une énergique grand-mère ne sont pas les dernières à frapper fort et à utiliser la violence et les armes pour parvenir à leurs fins –et pas seulement un coup de genou dans l'entrejambe de leurs adversaires masculins.

Et les yakuzas, dans tout cela? Dominés par les nouveaux-venus chinois? "C'est la réalité actuelle au Japon", dit le réalisateur, qui connaît son sujet. "Les yakuzas jouaient un rôle de «milice» autoproclamée, mais ils ont perdu de leur pouvoir et les hors-la-loi d'horizons différents, comme les gangsters chinois, profitent de la situation et suscitent de nouveaux problèmes".

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

"Les voyous n'aiment pas la lumière du matin" (un yakuza, en fin de film).

 

FIRST LOVE, LE DERNIER YAKUZA

("Hatsukoi") (Japon, 1h48)

Réalisation: Takashi Miike

Avec Masataka Kubota, Sakurako Konishi, Nao Ohmori

(Sortie le 1er janvier 2020)


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