DEMI-SOEUR

Un film simple d'esprit

(©StudioCanal)
(©StudioCanal)

Ça commence mal. Josiane Balsako surjoue les esprits simples à l'église, à l'enterrement de sa mère, avec sa tortue qui a uriné sur son imper. Musique sirupeuse du générique, cheveux gris coupés au carré, moue boudeuse et..., comment dire, Actors Studio à la française.

La simple d'esprit, désormais orpheline à 60 ans, est placée dans une maison de retraite mais s'en échappe, avec sa tortue. Elle s'en va rejoindre son père, à Angers, sur la fois d'une adresse sur une vieille enveloppe.

Mais son père est mort depuis longtemps. A l'adresse en question, c'est sur son demi-frère (Michel Blanc) que tombe la simplette sexagénaire. Un pharmacien misanthrope et psychorigide, collectionneur de bernard l'hermite, grand consommateur de Lexomil.

Un quiproquo comme on n'en voit que dans les films (surtout les moins bons) va lui faire avaler quelques pilules d'écstasy. Du coup, il va devenir charmant, être aimable avec sa clientèle, renouer avec son fils, et accepter de s'occuper de cette demi-soeur encombrante –et de sa tortue-- tombée du ciel.

Première conclusion: les drogues douces vous rendent plus aimables, vous pouvez y aller sans crainte, ça ne fait pas de mal (pas très nouveau dans le cinéma).

Deuxième conclusion: les bons sentiments ne font pas les bons films (pas très nouveau non plus).

Les intentions de Josiane Balasko étaient peut-être louables au départ, mais il fallait choisir: réalisatrice ou actrice. En ne cumulant pas les deux, cela aurait peut-être évité au spectateur ce sentiment de malaise devant des scènes surjouées, des situations ridicules, des dialogues lourds de mièvrerie, des personnages caricaturaux.

La tortue, elle, est remarquable.

Jean-Michel Comte

 

LA PHRASE

''C'est monstrueux''. (Michel Blanc, devant sa glace, son bouc rasé).

 

DEMI-SOEUR

(France, 1h30)

Réalisation: Josiane Balasko

Avec Josiane Balasko, Michel Blanc, Brigitte Roüan

(Sortie le 5 juin 2013)