ACTUS CINÉMA: 2E TRIMESTRE 2014


Festival de Cannes 2014: une Palme d'or inattendue

Samedi 24 mai 2014

Nuri Bilge Ceylan (©capture d'écran Canal+)
Nuri Bilge Ceylan (©capture d'écran Canal+)

Journalistes et festivaliers ne l'avaient pas vu venir: le jury du 67e Festival de Cannes a accordé, ce samedi 24 mai, sa Palme d'or à un film qui n'apparaissait pratiquement pas dans les pronostics, WINTER SLEEP, du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan.
Le film, aride et contemplatif, d'une durée de trois heures et quart, sortira dans les salles françaises le 13 août. Il semble promis au même triomphe public que le film thaïlandais ONCLE BOONMEE, Palme d'or 2010, qui avait réalisé 125.000 entrées...
Nuri Bilge Ceylan, que certains comparent à Ingmar Bergman dans sa façon de filmer, avait échoué à deux reprises aux portes de la Palme d'or, en remportant la récompense qui arrive au deuxième rang dans la hiérarchie du palmarès, le Grand Prix, pour LOINTAIN (UZAK) en 2003 et IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE en 2011.
Cette année, ce Grand Prix est revenu à un autre film oublié dans les pronostics des critiques: LES MERVEILLES, de l'Italienne Alice Rohrwacher.
L'un des chouchous de la Croisette, le jeune Canadien Xavier Dolan, plus jeune réalisateur en compétition (25 ans), a reçu le Prix du Jury pour MOMMY, ex-aequo avec le vétéran Jean-Luc Godard (83 ans) pour ADIEU AU LANGAGE.
Les deux prix d'interprétation sont allés au comédien britannique Timothy Spall dans MR. TURNER, de Mike Leigh, et à l'actrice américaine Julianne Moore dans MAPS TO THE STARS,  de David Cronenberg.
Le premier a fait un discours de remerciements interminable –façon cérémonie des César. La seconde brillait par son absence et c'est un inconnu chauve, le scénariste du film Bruce Wagner, qui est venu recevoir la récompense à sa place sans même se présenter au public.  
Le jury présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion a enfin récompensé  FOXCATCHER, de l'Américain Bennett Miller (Prix du scénario), et LEVIATHAN, du Russe Andrey Zvyagintsev (Prix du scénario).
Les principaux absents du palmarès sont le film TIMBUKTU, du Mauritanien Abderrahmane Sissako, qui avait beaucoup plu aux festivaliers, et celui des frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, DEUX JOURS, UNE NUIT, dont l'actrice principale, Marion Cotillard, était citée parmi les favorites pour le Prix d'interprétation.

Autres oubliés des jurés, les trois films français (SAINT LAURENT de Bertrand Bonello, THE SEARCH de Michel Hazanavicius, SILS MARIA d'Olivier Assayas). C'est la seconde fois depuis 2005 que le cinéma français ne figure pas au palmarès, après 2012 (la Palme d'or AMOUR, de Michael Haneke, tournée en français avec une mention spéciale attribuée à Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, concourait sous banière autrichienne).

La France ne rentre cependant pas tout à fait bredouille de la Croisette puisque PARTY GIRL, de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, présenté dans la section parallèle Un Certain Regard, a reçu la Caméra d'or du meilleur premier film.
La cérémonie de clôture, présentée par Lambert Wilson, a connu trois moments forts: quand la salle a applaudi debout, pendant de longues minutes, le président du Festival Gilles Jacob, venu précisément remettre cette Caméra d'or qu'il a créée, et qui quittera ses fonctions le 1er juillet.

Une même longue standing ovation, jurés compris, a été réservée quelques minutes plus tard à Sophia Loren, venue remettre le Grand Prix après avoir rendu hommage à Marcello Mastroianni, dont une photo faisait l'affiche de ce Festival 2014.

Et troisième séquence émotion quand Xavier Dolan, bouleversé, est tombé dans les bras de Jane Campion, à qui il a rendu un vibrant hommage –il avait quatre ans quand elle remporta la Palme pour LA LEÇON DE PIANO en 1993.
Auparavant, dans son discours de remerciements, parfois au bord des larmes, le jeune cinéaste québécois s'était adressé aux artistes de sa génération: ''Accrochons-nous à nos rêves, car nous pouvons changer le monde par nos rêves, nous pouvons faire rire les gens, les faire pleurer. Nous pouvons changer leurs idées, leurs esprits. Et en changeant leurs esprits nous pouvons changer le monde''.
JmC
>>> Le palmarès complet est à voir ici.

Standing ovation pour Sophia Loren à la cérémonie du palmarès (©capture d'écran Canal+)
Standing ovation pour Sophia Loren à la cérémonie du palmarès (©capture d'écran Canal+)

Sublime, le retour

Vendredi 23 mai 2014

(©FranceSoir l'e-mag)
(©FranceSoir l'e-mag)

Elle avait un peu disparu des écrans ces derniers temps. Avec le film COMING HOME, la sublime Gong Li a fait son retour lundi 19 mai au Festival de Cannes, sa seconde maison tant c'est une habituée de la Croisette depuis un quart de siècle.
Dire qu'elle était resplendissante sur le tapis rouge est un euphémisme.
Présenté hors-compétition, COMING HOME, du réalisateur chinois Zhang Yimou –son pygmalion et ex-compagnon– raconte l'histoire d'un ancien prisonnier politique qui rentre chez lui après la Révolution culturelle et revoit sa femme (Gong Li), qui est devenue partiellement amnésique.
JmC

>>> Retrouvez cet article et d'autres dans le n°61 de FranceSoir l'e-mag, disponible sur iPad: http://bit.ly/ZoL5gc et www.francesoir.fr


Cannes 2014: c'est parti

Mercredi 14 mai 2014

Lambert Wilson a présenté la cérémonie d'ouverture du 67e Festival (©capture d'écran Canal+)
Lambert Wilson a présenté la cérémonie d'ouverture du 67e Festival (©capture d'écran Canal+)

Il a eu un petit mot d'hommage pour Alain Resnais, a fait chanter à l'assistance ''Happy Birthday'' pour les anniversaires de Tim Roth (53 ans) et de Sofia Coppola (43 ans), a esquissé quelques pas de danse avec une Nicole Kidman un peu surprise: Lambert Wilson s'en est bien tiré en maître de cérémonie de la soirée d'ouverture du 67e Festival de Cannes, mercredi 14 mai.
"Luchino, Federico, Roberto, Vittorio, Maurice, Ingmar, Orson, Akira, Michelangelo... Prenez bien soin d'Alain Resnais", a-t-il dit, en référence au réalisateur décédé le 1er mars dernier, à 91 ans.
Lambert Wilson a aussi évoqué la mémoire d'Henri Langlois, le créateur de la Cinémathèque française, dont on fêtera en novembre le centenaire de la naissance.
Puis il a cité Robert Desnos: "Ce que nous demandons au cinéma, c'est ce que l'amour et la vie nous refusent, c’est le mystère, c’est le miracle. Place au miracle!".
Troisième homme –après Vincent Cassel et Edouard Baer– à présenter cette cérémonie d'ouverture, il a su allier humour et sérieux sans en rajouter, ni dans un sens ni dans l'autre, dans un exercice rondement mené en une demi-heure.
Sur la scène du grand auditorium Louis-Lumière du Palais des festivals, Lambert Wilson a ensuite présenté le jury, présidé par la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion.
Puis le cinéaste mexicain Alfonso Cuaron (réalisateur de GRAVITY) et l'actrice française Chiara Mastroianni (fille de Marcello Mastroianni, qui fait l'affiche du Festival cette année) ont, en plusieurs langues, déclaré ouverte la 67e édition du plus grand festival mondial de cinéma.
Le film d'Olivier Dahan GRACE DE MONACO, avec Nicole Kidman et Tim Roth, a ensuite été projeté, hors-compétition.
Il y a cette année 18 candidats à la Palme d'or, qui exceptionnellement (pour cause d'élections européennes dimanche 25 mai) sera décernée samedi 24 mai.
JmC

''Tu danses?'' –''Euh, yes... Sure. Of course'' (©capture d'écran Canal+)
''Tu danses?'' –''Euh, yes... Sure. Of course'' (©capture d'écran Canal+)

Cannes 2014: GRACE DE MONACO, le film polémique

Vendredi 9 mai 2014

Nicole Kidman et Tim Roth interprètent le couple princier (©David Koskas/Stone Angels)
Nicole Kidman et Tim Roth interprètent le couple princier (©David Koskas/Stone Angels)

Il y a presque 60 ans, en mai 1955, Grace Kelly est en compétition au Festival de Cannes, dans le film de George Seaton UNE FILLE DE PROVINCE pour lequel elle a reçu, deux mois auparavant, l'Oscar de la meilleure actrice.
Le 6 mai, Paris-Match organise une séance photo entre la jeune actrice de 26 ans et le prince Rainier, 31 ans, souverain de la principauté de Monaco depuis six ans. C'est leur première rencontre. Ils se marieront un an plus tard.
Dans quelques jours, mercredi 14 mai, c'est le film GRACE DE MONACO qui ouvrira, hors compétition, le 67e Festival de Cannes. Cela aurait pu être une belle histoire, un bel hommage, une belle montée des marches.
Les organisateurs devront se contenter de l'équipe du film –son réalisateur, Olivier Dahan, ses acteurs principaux, Nicole Kidman et Tim Roth–, avec très peu d'espoir de voir les trois enfants de Grace et de Rainier (Albert, Caroline et Stéphanie) aux marches du Palais des festivals.
La famille Grimaldi s'est en effet désolidarisée du film, à deux reprises. D'abord en janvier 2013, quelques mois après le début du tournage, quand les trois enfants avaient estimé, au vu du scénario et des premières informations, que le film ''relate une page, réécrite et inutilement 'glamourisée', de l’histoire de la Principauté de Monaco et de leur famille comportant à la fois d’importantes inexactitudes historiques et une série de scènes purement fictionnelles''.
Nouvelle critique du prince Albert et de ses deux soeurs, il y a quelques jours. Dans un communiqué, la famille princière a fustigé la ''bande-annonce fantaisiste'' qui ''renforce la conviction laissée lors de la lecture du scénario qu'il s'agit d'une production, d'une page de l'histoire de la Principauté, basée sur des références historiques erronées et littéraires douteuses''.
La famille Grimaldi, qui déplore que ''le réalisateur et les producteurs (aient) refusé de prendre en considération les très nombreuses observations formulées par le Palais'', ne souhaite donc ''en aucune manière être associée à ce film (...) et regrette que son histoire ait fait l'objet d'un détournement à des fins purement commerciales''.
C'est le genre de polémiques dont le Festival de Cannes est friand. Son délégué général, Thierry Frémaux, est monté au créneau pour défendre le film, précisant que celui-ci ''n'est pas un biopic au sens strict du terme, de la vie à la mort, c'est l'expression du droit de tout artiste à la licence poétique''.
C'est la position défendue par Olivier Dahan. ''Je revendique le droit de faire un film de fiction. Ce n'est pas un travail d'historien, mais d'artiste'', a déclaré le réalisateur de LA MÔME récemment au Parisien-Magazine.
Ce sera aux spectateurs de juger, puisque le film sort dans les salles ce mercredi 14, le jour de sa présentation à Cannes en film d'ouverture. Peu de personnes l'ont déjà vu, et la plupart des médias (CinéGong y compris) n'ont pas été conviés à des projections de presse, prévues seulement dans les quelques jours précédant sa sortie.
On en sait donc encore peu sur l'histoire, sinon ce qu'en disent le synopsis et la bande-annonce officielle. ''L'intrigue se déroule en 1962, au moment de la crise diplomatique entre le Rocher et Charles de Gaulle, qui voulait récupérer les taxes des entreprises hexagonales implantées là-bas'', explique Olivier Dahan.
La bande-annonce montre, sous les traits de Nicole Kidman, une Grace de Monaco apparemment malheureuse, tiraillée entre ses envies de reprendre sa carrière (Alfred Hitchcock lui a proposé le rôle principal de PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE) et ses obligations de princesse.
''Ca me manque'', dit-elle. ''Je peux être mère, épouse, avoir deux métiers sans heurter les gens, non?''.
Un peu plus loin dans la bande-annonce, ses différends avec Rainier sont mis en avant: ''J'ignore comment continuer à vivre avec lui, à passer le reste de ma vie dans un lieu où je ne peux pas être moi-même''.
Mais tout semble s'arranger. ''Pourquoi restes-tu avec moi?'', lui demande Rainier (Tim Roth). ''Parce que je t'aime toujours'', répond Grace.
Plus mineure que celle avec la famille princière, une autre polémique entoure le film. L'influent producteur américain Harvey Weinstein (c'est lui qui a fait la promotion de THE ARTIST aux Etats-Unis), qui a acheté les droits de distribution de GRACE DE MONACO outre-Atlantique, n'a pas encore fixé de date de sortie du film, plusieurs fois reportée.
Surtout, il a monté sa propre version du film, un montage édulcoré et qualifié par Olivier Dahan de ''catastrophique, (...) commercial (…) et au ras des pâquerettes''.
''Il s'est permis de ''refabriquer'' mon oeuvre en enlevant certains extraits et en ajoutant d'autres scènes. (…) Son histoire n'a plus rien à voir avec celle que je voulais raconter. Ce conte de fées aseptisé ne me convenait pas. Mais aujourd'hui, il n'existe qu'une version: la mienne''.
C'est cette version –aux Etats-Unis on appelle cela le ''director's cut''– que les festivaliers de Cannes et les spectateurs des salles françaises verront mercredi 14.
Jean-Michel Comte

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(©FranceSoir l'e-mag)
(©FranceSoir l'e-mag)

Cannes 2014: le retour de la sublime

Vendredi 18 avril 2014

Depuis 25 ans, un Festival de Cannes sans Gong Li n'est pas un vrai Festival de Cannes (©DR)
Depuis 25 ans, un Festival de Cannes sans Gong Li n'est pas un vrai Festival de Cannes (©DR)

C'est l'une des habituées du Festival de Cannes. Elle sera donc présente sur la Croisette pour la 67e édition (14-25 mai).

La sublime Gong Li est à l'affiche du dernier film de celui qui fut son pygmalion et son compagnon pendant des années, Zhang Yimou, avec qui elle a tourné notamment ÉPOUSES ET CONCUBINES, SHANGHAI TRIAD, VIVRE! et LA CITÉ INTERDITE, leur dernière collaboration en 2007.
Ce nouveau film du réalisateur chinois, qui sera présenté hors-compétition, a pour titre GIU LAI (COMING HOME).
Il raconte l'histoire, entre les années 1920 et 1990, d'un dissident chinois qui, après un long exil aux Etats-Unis, revient dans son pays mais est envoyé dans un camp de travail et est rejeté par sa femme, interprétée par Gong Li.
JmC

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(©FranceSoir l'e-mag)
(©FranceSoir l'e-mag)

Cannes 2014: demandez le programme

Vendredi 18 avril 2014

Marcello! (©Festival de Cannes/Lagency/Taste)
Marcello! (©Festival de Cannes/Lagency/Taste)

C'est une photo de Marcello Mastroianni, tirée de HUIT ET DEMI de Federico Fellini, qui fait l'affiche du 67e Festival de Cannes (14-25 mai), dont la sélection a été annoncée jeudi 17 avril.
Trois films français sont en lice pour la Palme d'or: SILS MARIA, d'Olivier Assayas, avec Juliette Binoche et Kristen Stewart; THE SEARCH, de Michel Hazanavicius, avec Bérénice Bejo et Annette Benning; et SAINT LAURENT, de Bertrand Bonello, avec Gaspard Ulliel.
Ils seront en compétition avec Jean-Luc Godard, qui fait son grand retour à 83 ans (sous la bannière suisse), les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne (deux fois Palme d'or), le Britannique Ken Loach (couronné en 2006), le Canadien David Cronenberg et l'Américain Tommy Lee Jones, notamment.
Du 14 au 25 mai, la Croisette attend du beau monde: Nicole Kidman, Tommy Lee Jones, Meryl Streep, Ryan Gosling, Hilary Swank, Mark Ruffalo, Juliette Binoche, Steve Carell, Kristen Stewart, Robert Pattinson, Bérénice Bejo, Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Julianne Moore, Jérémie Rénier, Eva Green, Eric Cantona, Monica Bellucci, Ryan Reynolds, Isabelle Huppert, Tim Roth, Asia Argento, Viggo Mortensen,  Jessica Chastain, Channing Tatum, Lea Seydoux, Lambert Wilson, Carole Bouquet…
Et la sublime Gong Li.
JmC

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(©FranceSoir l'e-mag)
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