ACTUALITÉS CINÉMA


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Le cinéma des steppes

Mercredi 30 septembre 2015

Abderrahmane Sissako (à gauche) était le président du jury du 11e Festival Eurasia d'Almaty (©Pierre-Yves Roger)
Abderrahmane Sissako (à gauche) était le président du jury du 11e Festival Eurasia d'Almaty (©Pierre-Yves Roger)

Pour les cinéphiles, l'Eurasia International Film Festival d'Almaty, au Kazakhstan, est une curiosité. On y découvre le cinéma d'Asie centrale, dont peu de films connaissent une carrière internationale.

Lors de la 11e édition, qui s'est déroulée du 19 au 25 septembre, on pouvait aussi y rencontrer Abderrahmane Sissako, dont le film TIMBUKTU a remporté sept César en France en début d'année. Le réalisateur mauritanien, qui a étudié le cinéma à Moscou dans les années 1980 et parle russe, officiait comme président du jury du festival.

Il est utile de maîtriser la langue de Tolstoï et de Dostoïevski au Kazakhstan car si une partie des films est sous-titrée en anglais, les dialogues sont en général en russe ou en kazakh. 

Certains longs-métrages étaient présentés hors compétition comme DHEEPAN, de Jacques Audiard, LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT, de Jaco van Dormael, ou encore LE DERNIER LOUP, de Jean-Jacques Annaud. 

La principale compétition était réservée à des films provenant de pays situés sur la "route de la soie". Le Grand Prix a été attribué à un cinéaste kirghize, Mirlan Abdykalykov, auteur d'un film très exotique. L'action d'HEAVENLY NOMADIC se déroule dans la montagne. Une famille de nomades vit sous une yourte, en se contentant de peu pour subsister. La plus jeune, c'est Umsunai, une fillette de sept ans. Elle pense que son père, décédé, s'est réincarné dans un aigle qui survole leur campement. Sa mère voudrait bien refaire sa vie, mais le poids des traditions est lourd, et les grands-parents n'envisagent même pas une telle éventualité. Quant au frère aîné de la petite Umsunai, il est parti faire des études en ville, et il semble peu probable qu'il revienne perpétuer ce mode de vie de nomades. 

Le contraste entre la ville et la campagne, le fossé qui sépare les générations: tels sont quelques-uns des thèmes que l'on retrouve dans les films d'Asie centrale aujourd'hui. Les images de montagne sont magnifiques et les films souvent contemplatifs.

Certains scénarios manquent de rythme et de consistance, mais ce n'est pas le cas de TOLL BAR, un film kazakh de Jasulan Poshanov récompensé par le prix de la FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique). Ce long-métrage raconte l'histoire de deux hommes dont la vie est séparée par une barrière. Rauan est venu à Almaty pour devenir boxeur professionnel, mais il a du mal à joindre les deux bouts financièrement. Aidar, fils d'un riche businessman, rêve de partir à l'étranger. Chaque jour, ce dernier rentre dans sa résidence privée au volant de sa luxueuse voiture. C'est Rauan qui lève la barrière pour lui permettre de faire passer son véhicule. Leurs destins vont se croiser.

Josulan Poshanov fait partie du "Partisan Movement", qui rassemble plusieurs cinéastes kazakhs désireux de tourner des films réalistes, avec une vision sociale marquée, et un tout petit budget pour être indépendant. Le résultat est tellement concluant que des acteurs acceptent de travailler bénévolement pour ces réalisateurs refusant toute aide publique. 

Pour des occidentaux, ce cinéma, tourné ou non dans les steppes, est très dépaysant. 

Pierre-Yves Roger, envoyé spécial à Almaty


César et Oscars 2015: le week-end Sean Penn

Lundi 23 février 2015

Ovation debout du théâtre du Châtelet pour Sean Penn, samedi 20 février (©Capture d'écran Canal+)
Ovation debout du théâtre du Châtelet pour Sean Penn, samedi 20 février (©Capture d'écran Canal+)

Ce n'était pas annoncé à l'avance, ce fut un peu la surprise: Sean Penn a été le trait d'union entre la 40e nuit des César, vendredi 20 février, et la 87e cérémonie des Oscars, dimanche 22 février.

L'acteur-réalisateur américain, 54 ans, a reçu un César d'honneur et une ovation debout, au théâtre du Châtelet à Paris, aux côtés de sa compagne Charlize Theron. Deux jours plus tard, c'est lui qui a remis, au Dolby Theatre de Los Angeles, l'Oscar du meilleur film.

Côté Paris, c'est le film TIMBUKTU, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, grand oublié du dernier Festival de Cannes, qui s'est consolé en étant le grand triomphateur de la soirée avec 7 César remportés sur 8 possibles: meilleur film, meilleur réalisateur et, en l'absence de vedettes au générique, cinq autres récompenses techniques (scénario, musique, photo, son, montage).

Chez les acteurs, place à la jeunesse: Pierre Niney, 25 ans, a reçu le César du meilleur acteur pour son rôle dans le YVES SAINT LAURENT de Jalil Lespert, battant son rival Gaspard Uliell, interprète du SAINT LAURENT de Bertrand Bonello; et Adèle Haenel, 26 ans, l'a emporté chez les actrices, pour son rôle dans LES COMBATTANTS, battant les deux actrices confirmées que sont Juliette Binoche (SILS MARIA) et Marion Cotillard (DEUX JOURS, UNE NUIT).

Comme Sean Penn, Marion Cotillard a pris l'avion pour Los Angeles puisqu'elle était également nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice. Mais elle n'avait pratiquement aucune chance de l'emporter face à la favorite, Juliane Moore, récompensée pour STILL ALICE.

Dans un autre "rôle à Oscar", c'est le jeune Britannique Eddie Redmayne qui a gagné l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du personnage réel de Stephen Hawking, l'astrophysicien paralysé, dans UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS.

Et, comme prévu, c'est BIRDMAN, du réalisateur mexicain Alejandro G. Inarritu installé à Hollywood, qui a été le grand vainqueur de ces 87es Oscars avec quatre trophées: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original, meilleure photographie.

La France est présente au palmarès puisque Alexandre Desplat a obtenu l'Oscar de la meilleure musique originale, celle du film de Wes Anderson GRAND BUDAPEST HOTEL.

JmC


SILS MARIA, prix Louis-Delluc

Lundi 15 décembre 2014

Olivier Assayas et Juliette Binoche dans les salons du Fouquet's lundi 15 décembre (©JmC/FranceSoir)
Olivier Assayas et Juliette Binoche dans les salons du Fouquet's lundi 15 décembre (©JmC/FranceSoir)

Les jurés du Prix Louis-Delluc ont désigné lundi 15 décembre SILS MARIA, du réalisateur Olivier Assayas, comme meilleur film français de l'année.
Il succède ainsi au palmarès à LA VIE D'ADÈLE, d'Abdellatif Kechiche, qui avait obtenu ce prix l'an dernier, sept mois après avoir gagné la Palme d'or au Festival de Cannes.
SILS MARIA était en concurrence avec sept autres films, qui faisaient partie de la dernière sélection des jurés: ADIEU AU LANGAGE (de Jean-Luc Godard), AU BORD DU MONDE (de Claus Drexel), BIRD PEOPLE (de Pascale Ferran), EASTERN BOYS (de Robin Campillo), SAINT LAURENT (de Bertrand Bonello), TIMBUKTU (d'Abderrahmane Sissako) et TROIS CŒURS (de Benoît Jacquot).
En compétition au dernier Festival de Cannes (dont il rentré bredouille) et sorti dans les salles le 20 août dernier, SILS MARIA raconte l'histoire d'une actrice (Juliette Binoche) qui, 20 ans après avoir joué une pièce mettant en scène une jeune femme et une femme plus âgée, est pressentie pour adapter cette même pièce au cinéma. Elle ne doit plus tenir le rôle de la jeune femme, donné à une jeune actrice (Chloë Grace Moretz), mais celui de la femme plus âgée. Son assistante et confidente (Kristen Stewart), elle aussi de la jeune génération, l'aide à surmonter ce décalage entre hier et aujourd'hui, entre souvenirs et temps présent, entre jeunesse et maturité.
"Je suis très content, c'est un prix qui a une grande valeur, un grand retentissement", a déclaré Olivier Assayas dans les salons du Fouquet's, sur les Champs-Elysées, où il a reçu son prix en compagnie de Juliette Binoche. C'est la première fois que le réalisateur, 59 ans, l'un des chouchous de la critique française (pour DÉSORDRE, L'ENFANT DE L'HIVER, IRMA VEP, LES DESTINÉES SENTIMENTALES), reçoit ce prix.
Créé en 1937, du nom de Louis Delluc (1890-1924), l'un des premiers journalistes critiques de cinéma et fondateur des ciné-clubs dans les années 20, le Prix Louis-Delluc est souvent surnommé "le Goncourt du cinéma". Il récompense chaque année le meilleur film français (ou production à capitaux français) et est attribué par un jury composé d'une quinzaine de critiques et personnalités, sous la présidence de Gilles Jacob, président du Festival de Cannes pendant une trentaine d'années.
Depuis 1999 les jurés attribuent également un Prix Louis-Delluc du meilleur premier film, qui revient cette année au film LES COMBATTANTS, de Thomas Cailley.
Jean-Michel Comte


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La sublime Gong Li à Cannes en 1993 (©DR)
La sublime Gong Li à Cannes en 1993 (©DR)